LES EXPULSIONS D'ALSACE ET MOSELLE 1940
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La Moselle est rattachée au Gau de Sarre-Palatinat qui devient le Westmark avec comme chef-lieu Sarrebruck, et l'Alsace au Gau de Bade qui devient l'Oberrhein, chef-lieu Karlsruhe. Sont nommés Gauleiter (chef de l'administration civile), Joseph Bürckel pour le Westmark et Robert Wagner pour l'Oberrhein. Les ordonnances visant à une germanisation forcée (Entwelschung) de l'Alsace et de la Moselle se succèdent à un rythme effréné.L'occupant allemand procède en Alsace et en Moselle à des expulsions dès juillet 1940. Un premier regroupement des expulsés se fait au camp de Schirmerk pour le Bas-Rhin et à l'Institut Saint- André près de Cernay dans le Haut-Rhin. De là ils empruntent le train, direction le Sud-Est. En novembre 1940, des villages entiers situés à l'ouest de la voie ferrée Sarrebourg - Metz - Thionville sont vidés. Entre le 12 et le 22 novembre 1940, 66 trains transportent 57 655 habitants des zones de Moyeuvre, Courcelles-Chaussy, Dieuze, Héming et Abreschwiller vers le Sud-Est. Les expulsés sont rassemblés à Metz Queuleu et embarquent avec un bagage limité à 50 kg pour un adulte et 30 pour un enfant. Les convois ainsi formés font escale à Lyon en gare des Brotteaux. L'autorité allemande expulse également de ces trois départements les agents de chemin de fer qui n'en sont pas originaires. En Moselle, près de 1 600 cheminots sont expulsés et plus de 1 000 gagnent clandestinement la France non occupée. Le nombre des expulsés est évalué à 165 000 personnes, soit 120 000 pour la Moselle et 45 000 pour l'Alsace
En novembre -décembre 1940 des expulsions auront lieu ,de L'Alsace vers l'est du Reich ,pour d'autres vers la France de Vichy pour les familles<< radicalement inférieures>> et les <<malades mentaux>> .
L'accueil des expulsés.
Le plus souvent c'est la direction de lyon ,un centre d'accueil est installé dans les halles de la foire .
Vichy apporte son aide aux expulsés .Début novembre Pétain déclare<<depuis le 11 novembre ,70 000 mosellans sont arrivés en zone libre ayant tout abandoné ,ils viennent demander asile à leurs frères de France...........>>
LES EXPULSIONS ET LES TRANSPLANTATIONS
EN MOSELLE DE 1940 A 1945
par M. Henri HIEGEL
La vie des expulsés en France
En arrivant à Lyon et dans les autres centres d'accueil les expulsés avaient tout perdu : leur fortune, leurs maisons, leur bétail, leurs meubles,leurs livres, leurs souvenirs de famille et même le droit de mourir dans leur petite patrie, car les Allemands leur avaient défendu de rentrer clandestinement, de même qu'ils ne toléraient pas en France le nom d'expulsé. Devant eux il n'y avait qu'un avenir incertain, la perspective de la misère et de la faim. Certes l'accueil des expulsés ou mieux des réfugiés ou des «réfugiats» laissa beaucoup à désirer au début, car rien n'était préparé dans les 30 départements du Midi, comme pour les évacués de la Moselle et de l'Alsace en septembre 1939. Les logements étaient insuffisants. Les meubles manquaient et le chauffage par l'âtre était difficile en hiver. L'allocation mensuelle des réfugiés n'était que de 500 F et il était difficile de trouver du travail. Les paysans s'habituaient difficilement à travailler les terres arides et en friche depuis longtemps. Faute de ravitaillement, on mangeait beaucoup de rutabagas ou des navets-choux. L'incompréhension frappait longtemps les réfugiés. Ils étaient les boches du nord, parlant soit l'allemand, soit le patois roman que les méridionaux ne comprenaient pas. Ces derniers croyaient que les réfugiés étaient partis d'eux-mêmes, trouvaient que les Allemands étaient corrects et étaient d'avis parfois qu'il n'y avait qu'à donner l'Alsace et la Moselle aux Allemands, afin que les prisonniers français puissent revenir.
. Les plus malheureux étaient les gens âgés, qui la plupart décédèrent loin de leur petite patrie. Tel fut le sort tragique d'une vingtaine de prêtres du diocèse de Metz. Des gens très âgés s'humilièrent à demander le rapatriement pour pouvoir mourir en terre lorraine. L'archiviste allemand Alois Ruppel de Metz, réussit à faire revenir l'abbé Louis Weber, curé de Réning et historien, avec l'appui de Bürckel malgré l'avis défavorable de la Gestapo. La plupart des vieillards qui rentrèrent en 1945 décédèrent l'année même ou dans les années suivantes. Cependant avec le temps l'accueil s'améliora par la compréhension réciproque. Les expulsés s'acclimatèrent, apprécièrent le bon vin et le soleil et étonnèrent leurs hôtes par la certitude de rentrer un jour en Lorraine. Progressivement les Méridionaux comprenaient mieux les réfugiés. Les jeunes Méridionaux fraternisèrent les premiers avec les jeunes Mosellans. Des mariages furent contractés entre les deux populations. Les Méridionaux assistèrent aux enterrements des Mosellans. Les expulsés se firent remarquer par l'ardeur de leur travail dans les usines et à la campagne. Les évadés des camps de prisonniers
témoignaient que des passeurs mosellans leur avaient apporté une précieuse
aide au passage de la frontière. Les Méridionaux commençaient aussi à se rendre compte à partir de l'occupation de la zone libre le 11 novembre 1942de l'oppression allemande
A suivre
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