C’est aussi cette loi du 12 novembre 1938 qui mentionne pour la première fois le terme de camp de concentration. Ce n’est pas encore synonyme d’Holocauste ; il s’agit de concentrer en un seul lieu les personnes suspectes.
Vierzon ne fait pas partie de ces camps de fortune bâtis en quelques semaines, à l’hiver 1938 -1939.
Ce n’est que lors de la déclaration de guerre contre l’Allemagne que des camps de ce type vont voir le jour : Ils sont voués à l’internement des « ressortissants du Reich allemand ». Gérard Bobitz, auteur d’un ouvrage sur ces camps et lui-même interné après 1942 estime leur nombre à 25000, Allemands et Autrichiens confondus, surtout concentrés dans la région parisienne.
Ce sont ces Allemands ou assimilés parmi eux des Allemands d'origine Alsacienne ou Mosellane ( Certains sont issus des 111 915 personnes d'Alsace ou de Moselle expulsées en 1919 par les autorités Française) qui seront les « hôtes » du camp vierzonnais durant cette période 1939 – 1940.
1er septembre 1939 : ouverture du camp de Vierzon Sourioux aux Forges
Le camp de Vierzon sera plus connu sous le nom de « camp Sourioux », du nom du dernier propriétaire L’Etat réquisitionne verbalement l’usine Sourioux pour en faire un camp d’internement, le premier septembre 1939. C’est la 8e compagnie du 53e Régiment Territorial qui assurera sa garde.
Le futur camp |
vue de l'intérieur |
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Plan du camp 1939 |
Inventaire et état des lieux |
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Un camp d’internement de première catégorie
La loi du 12 avril 1939 classe les camps d’internement en deux catégories. Sourioux sera en première catégorie. Sont concernés par les mesures répressives : tous les hommes de 18 à 65 ans. Peu à peu, devant le nombre important de protestations, le gouvernement fera des concessions (circulaire du 7 octobre 1939) : les hommes sont libérables à 55 ans, ainsi que les Allemands ayant « femme ou enfant français, anciens légionnaires, ou ayant un frère ou fils mobilisé ». Mentionnés également les cas spéciaux (protégés par la France ou qui auraient un appui politique).
La première catégorie est dite « prestataire ». C'est-à-dire que les internés sont réquisitionnables au travail pour la France ou ses alliés. Témoin cette décision concernant le nommé Ernst LOWENSTEIN le 10 avril 1940 : « né à Soest le 12 décembre 1901, vient d’être affecté en qualité d’affectataire à la Compagnie des Travailleurs, mis à la disposition de l’Armée Britannique… ».
Il existe un deuxième moyen pour ces Allemands de « s’évader » de Vierzon : signer « un acte d’engagement dans l’armée française (la Légion Étrangère) pour cinq ans ou pour la durée de la guerre. »
Des communistes de Vierzon seront internés ex: KUNTZ Jean cette personne est d'origine Alsacienne sa famille fait partie de celles qui en 1871 ont refusées l'annexion de l'Alsace à l'empire Allemand .Elle s'établira en France de l'intérieur dont une partie à VIERZON
En 1939 suite au traité germano sovétique les communistes sont recherchés et certains arrêtés dont Jean KUNTZ . Il sera libéré mais il rentrera dans la clandestinité il rejoindra le maquis des F T P aussi à la libération il s'engagera dans l'armée Française ( peut être pour suivre certaines directives du parti communiste celui ci a cette époque demandé a certains militants de s'intégrer dans l'armée pour des raisons politiques ,c'est a confirmer ) Exemple l'attitude de communistes face à la guerre d'Indochine . C'est une autre histoire qui va débuter une des suites de 1945 .
FICHE DE JEAN KUNTZ
Justificatif d'engagement |
Extrait de liste |
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Une commission de « criblage » doit se réunir une fois par mois dans le département. Le camp de Vierzon est le plus grand, la première se tient à Vierzon du 20 au 28 septembre 1939. Elle est chargée d’étudier les situations de chacun au cas par cas, les demandes de libération comme les demandes d’engagement. Mais il y a un recours possible auprès de la commission interministérielle.
Télégrame demandant la libération de personnes détenues au camp de Sourioux dont un Allemand d'origine Alsacienne né à Strabourg (malgré la faute sur Strasbourg )
Quelques vierzonnais vont se retrouver également à Sourioux puis transférés au Vernet.
400 juifs allemands
Le 16 septembre 1939, un convoi spécial parti la veille de Colombes en région parisienne, arrive en gare de Vierzon à 15h30, en plein milieu d’après-midi, sous les yeux potentiellement de plusieurs centaines de vierzonnais. « 400 [ressortissants allemands] ont été dirigés vers le camp Sourioux sous bonne escorte. Aucun incident n’a eu lieu au cours du trajet de la gare au camp » (environ 5 kilomètres à pieds).
On l’a vu, le camp est prêt depuis le premier septembre, une vingtaine de personnes y sont déjà enfermées.
le deuxieme bureau au travail |
Rapport sur les 400 Allemands |
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Correspondance du camp de Sourioux |
courrier envoyé au camp de Gurs |
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Le camp fonctionnera jusqu’au 17 juin 1940, jour de l’appel de Pétain. Deux archives nous prouvent qu’un camp existe après cette date. A partir de cette date les résidants du camp seront envoyés en Zone libre et pour beaucoup ce sera l'internement au camp de Gurs puis la déportation dans les camps d'extermination .
En juillet et août 1940 il sert de camp de prisonniers de guerre français, gardés par les allemands (Lagerkommandantur).
En décembre 1941, on apprend que les besoins en charbon pour chauffer « correctement » les 13 pièces du camp sont de 150 kilos par jour.
En avril 1943 enfin, on apprend également qu’un nouveau bureau est installé au camp et que le maire est prié de réquisitionner un lit et d’autres accessoires de l’Ecole Professionnelle.
Sous l'administration Allemande 1940 1944
LE 4 SEPTEMBRE 1940 SOIT 4 ANS JOUR POUR JOUR AVANT LA LIBÉRATION DE VIERZON L'ARMÉE ALLEMANDE AVISE LA POPULATION DE L'INTERDICTION DE VISITE AUX PRISONNIERS DE GUERRE AU CAMP DE SOURIOUX
Demande de déplacement pour des prisonniers |
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Courrier de la part de la mairie |
Bon de réquisition 1943 |
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